Le Chevalier Volaire et L'Éruption du Vésuve

Pierre-Jacques Volaire, né à la fin des années 1720, travaille à l'atelier de peinture de l'arsenal maritime de Toulon, lorsque arrive Joseph Vernet en 1754. Ce dernier, artiste reconnu, a obtenu une commande du roi Louis XV : les Ports de France. Pour réaliser ces peintures de paysage, il s'attache le jeune Volaire, qui commence ainsi sa carrière. Les deux peintres parcourent ensemble les ports de Bordeaux, Bayonne, La Rochelle et Dieppe.

Volaire quitte ensuite Vernet pour se rendre en Italie, à Naples. Il s'y établit définitivement. Durant son séjour, le Chevalier Volaire, comme il se fait appeler, travaille à des paysages, des marines et des vues du Vésuve.

Ce dernier thème, l'éruption du Vésuve, devient le sujet presque exclusif des œuvres de l'artiste et rencontre un grand succès au XVIIIe siècle. En effet l'intérêt porté par ses contemporains européens aux manifestations extraordinaires de la nature les conduit à une étude poussée du volcan, qui connaît, entre 1750 et 1800, une activité intense.

De retour en France, le chevalier Volaire devient membre correspondant de l'Académie de peinture et de sculpture de Marseille. Deux ans plus tard, il tente une démarche auprès du comte d'Angivillers, Surintendant des bâtiments du roi, pour faire acheter par Louis XV une de ses vues du Vésuve.

Le château de Maisons possède aujourd'hui un exemplaire de ces Éruptions du Vésuve, acquis à la fin des années 1980. Ce morceau de Vésuve, huile sur toile de 2, 60 mètres de haut sur 4 mètres de large, permet d'apprécier une vue du volcan prise de l'Atrio del Cavallo.
Sur la droite, la baie de Naples fait face au Vésuve en pleine éruption, déroulant sa langue de flamme sous une lumière lunaire. Volaire réalise ainsi un magnifique effet de lumière, résultant du contraste des tons chauds du volcan avec la lumière froide de la lune.


Au premier plan, vers le centre et sur la gauche, deux groupes de personnages regardent le magma incandescent déferlant vers la mer. Leur présence crée une perspective entre l'élément naturel, les personnages et le spectateur.

Le tableau est commandé par le Fermier général Jacques-Onésyme Bergeret de Grandcourt, qui, guidé par Volaire, effectue l'ascension du volcan, relatée dans son journal de voyage. Ce grand collectionneur commande à la même époque les Cascades inspirées de Tivoli, peintes par Hubert Robert. Ce tableau, qui aborde le thème de l'eau, se fait l'écho du feu, illustré par Volaire. Cette correspondance a été conservée au château de Maisons qui met aujourd'hui en avant le tableau "volcanique" du Chevalier Volaire, exposé face à celui d'Hubert Robert.